Édito
 
 

 Tempête dans un verre d' eau?


Le dernier édito de la Niouze relatait sans parti pris la prise de parole d’élèves de l’AgroParisTech lors de la remise des diplômes : une remise en cause de leur formation et des entreprises et métiers pour lesquelles elle les prépare, au nom de l’urgence climatique.
À en croire les réactions (voir le courrier des lecteurs) de quelques boomers et pré-boomers, il ne s’agirait là que d’une crise de boutons infantile sans lendemain, comme on en a déjà connu une en mai 68, voire dans le pire des cas, une preuve que les lobbies féministes, LGBT, écolos ont pris le pouvoir dans nos écoles et accessoirement dans la newsletter.
Depuis ce dernier numéro les élèves d’HEC, Polytechnique, Science Po ont profité de leur cérémonie de remise des diplômes pour, sous des formes moins radicales et mieux encadrées par les directions d’écoles, porter un discours qui confirme leur volonté de réagir et d’agir à l’intérieur et/ou à l’extérieur des entreprises pour réduire l’empreinte carbone
Alors tempête dans un verre d’eau ou mouvement de fond ? Faut-il rester sceptique, comme le font certains médias, sur la sincérité de ces jeunes diplômé.e.s et sur leur réel prochain passage à l’acte, une fois quittés les bancs de l’école.
Il faut dire qu’en plus, notre « matériau neuronal » ne nous pousserait pas à nous autolimiter et à prendre le chemin vertueux de la sobriété ! ; nous ne serions pas « programmés » pour ça, comme l’avancent dans un récent article du Monde, le chercheur en psychologie cognitive Thierry Ripoll et le neurobiologiste Sébastien Bohler .
« Nous sommes ainsi soumis à deux tensions contradictoires : celle issue de forces évolutives archaïques nous incitant à croître et celle issue de la partie la plus évoluée de notre cerveau nous enjoignant de prendre en compte les limites de la planète.  Notre avenir sur Terre dépendra de l’issue de ce conflit. ».
Ceux qui rejettent encore la nécessité de sobriété et restent adeptes du cornucopianisme (croyance dans les progrès technologiques et scientifiques pour trouver des solutions aux problèmes des ressources), devront rester vigilants sur les effets pervers de ces solutions : l’effet rebond qui une fois le danger climatique éloigné, réactiverait notre soif de consommation.
L’urgence existentielle dont ils se font les lanceurs d’alerte, confronte ces jeunes diplômé.e.s à des choix personnels loin d’être faciles ;ils restent encore minoritaires et beaucoup de leurs camarades commenceront par des carrières conventionnelles.
Faisons donc le choix de croire en eux et de les aider à nous protéger.
 Bonne lecture, bonnes vacances, on se retrouve à la rentrée...
Sommaire :
  • Antoine Pruvo (E08), révélateur de talent caché
  • Alain Verliere (N74), Forum : L’énergie c’est compliqué : La voiture à hydrogène, vite !
  • Julia Wagner (P24 docteur),  l’équipe Mines Energie Challenge participe au  Monaco Energy Boat Challenge 
Pour mémoire les opinions exprimées dans la News des Mines n’engagent que leurs auteurs
 
 
 
 
 
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INTERVIEWS & LIBRES PROPOS
 
Antoine Pruvo (E08), révélateur du talent caché
 

Interview réalisé par Eric Matoussowsky (E 78)

 

Si un jour, alors qu’on vous félicitait, vous n’avez pas vraiment compris pourquoi et vous vous êtes sincèrement entendu répondre : « Non mais ça, je t’assure, tout le monde sait le faire, ce n’est rien, c’est enfantin. », vous avez sûrement mis le doigt (sans le savoir) sur un de vos talents.

Et, c’est parce qu’il sait détecter ces talents souvent cachés qu’Antoine Pruvo (E08) peut nous confirmer la pertinence d’un tel diagnostic ; et nous en dire plus sur ces pépites souvent inconnues, leur recherche et leur importance. Et quand on l’écoute, Antoine sait transmettre sa confiance dans sa méthode, la rendre crédible, grâce à un enthousiasme visiblement fondé sur une expérience marquante, vécue de l’intérieur. Celle-ci l’a transformé à jamais et l’a porté naturellement vers l’accompagnement des autres pour leur en faire profiter à leur tour.

 

Antoine, en quoi cette recherche des talents de chacun est-elle cruciale pour notre vie professionnelle ?

Un jour ou l’autre, chacun cherche avec plus d’insistance le sens de sa vie, sa place sur Terre. Et au travail, en particulier quand on se trouve confronté à un ennui qui dure, une démotivation ou un épuisement, ces questions existentielles surgissent et s’imposent de plus en plus fortement dans le temps. Et identifier son talent singulier fait partie des réponses attendues. Cela permet de libérer un élan, une énergie qui nous sont propres, et qui mobilisent plus globalement tout notre être. A l’inverse, en l’absence d’une telle découverte, à long terme, l’ennui ou l’épuisement s’installent.

Malheureusement la perception d’un talent est plus facile pour les autres que pour son détenteur ! Notamment parce que la seule introspection n’est pas suffisante.

 Comment en es-tu venu à travailler sur ces sujets ? Et surtout en tant que mineur ?

Eh bien justement parce que je suis moi-même passé par là. Une expérience de mort imminente en prépa, à huit jours des concours, a profondément bousculé ma vision de la vie. Et dès lors, ces interrogations m’ont poursuivi tout au long de mon cheminement professionnel. Elles m’ont poussé à la rencontre des autres pour chercher des réponses : ce que font les gens, ce qui les motive, ce qui se passe dans leur tête, dans leur cœur...

C’est notamment la raison pour laquelle j’ai recherché des entreprises qui se voulaient être dans le nec plus ultra de la gestion humaine ; en l’occurrence j’avais choisi Danone et Michelin, dans des postes où la technique n’était globalement que le prétexte à l’amélioration de l’organisation du travail et de son impact sur les personnes.

Malgré cela, au gré de mes postes, je me suis retrouvé sur une mission pour laquelle je n’étais pas fait, dont le sens m’échappait, et qui a finalement été toxique pour moi. Je voyais que je m’enlisais, mais j’étais incapable de sortir de cette situation. Je me répétais que forcément le problème étant en moi, il se reproduirait ailleurs, dans d’autres activités. Alors j’ai voulu aller au bout de cette expérience, et j’ai fini en burnout.

Pour sortir de cette spirale infernale, j’ai été accompagné par quelqu’un dont l’activité était celle qui est dorénavant la mienne au sein de mon cabinet de conseil, In Altum. Et cela a été la révélation ! Grâce à la prise de conscience de mon talent particulier, j’avais enfin trouvé ce pour quoi j’étais fait. J’ai ensuite exploré une dizaine de pistes de projets professionnels, plus ou moins loin du monde de l’ingénieur et je revenais toujours à l’activité d’accompagnement qui est devenue mon métier. Cela s’apparente clairement à une vocation !

L’articulation de ce nouveau job avec la formation d’ingénieur des Mines me paraît très naturelle. En effet, de la même façon que j’analysais auparavant les organisations humaines pour en sortir de la nouveauté et de l’optimisation, que j’aimais concevoir de nouvelles approches de travail en lien avec l’humain, je le fais dorénavant avec des individus grâce à une approche spécifique.

 Peux-tu nous en dire un peu plus sur l’approche que vous mettez en œuvre chez In Altum ?

Une fois passé le temps nécessaire pour affiner les modalités concrètes d’exercice de mon métier, je me suis formé à la même démarche que celle que j’avais expérimentée pour moi-même. Il s’agit de l’Analyse de la Personnalité Professionnelle (A2P). Celle-ci est née il y a une quarantaine d’années après le constat de son inventeur sur le fait qu’il n’existait pas d’outils permettant de répondre à cette question précise : « pourquoi suis-je fait ? ». En effet, les approches...


 
 
Forum: l'énergie c'est compliqué
 


Les questions liées à l'énergie seront centrales dans les années qui viennent. 
Le sujet est complexe et a trop souvent donné lieu à des prises de position expéditives ou réductrices, dans un sens comme dans   communauté des Mineurs il y a sûrement des compétences en la matière, ou alors c'est à désespérer de nos filières d'excellence :-). Vos contributions à ce forum lancé en janvier, nous encouragent à le poursuivre. Sa pérennité ne tiendra qu’à vous.

 

Voici la contribution de Alain Verliere (N74) publiée sur son blog https://www.greenandgreatagain.com dédié à l’environnement.

 

La voiture à hydrogène, vite !

 

 La réduction des émissions de CO2 est un objectif planétaire.

Pour les véhicules automobiles, cela signifie passer d’une motorisation à base de carburants carbonés (essence, diesel, gaz) vers une motorisation électrique. Avec l’avantage de supprimer également les particules fines, les NOx et autres effluents.

A partir du milieu des années 90, ont été...


 
 
Billet d' ici, juin 2022
 

Élections législatives : il y aura 56 % de candidats hommes et 44 % de candidates femmes, les tenants d’une parité pure et dure en sont évidemment chagrinés. Ils déplorent dans le vide puisqu’en fin de compte ce sont les électeurs qui décident : s’ils le veulent ils peuvent très bien envoyer à l’Assemblée 90 % de femmes et 10 % d’hommes. Si l’on veut garantir la parité non parmi les candidats mais parmi les élus, il faut décider que dans la moitié des circonscriptions, tirées au sort, il n’y aura que des candidates femmes, et dans l’autre moitié que des candidats hommes. L’écologie punitive non, la citoyenneté punitive oui !

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Ce matin sur la ligne 9 du métro, un spectacle rare : dans mon champ de vision au moins 5 personnes ont le nez non pas sur leur smartphone, mais dans un livre. Qui sont ces dangereux originaux ? Qu’on se rassure, une campagne de désinfection est prévue sur la ligne.

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Qui est Jean-Pierre, Bas-Rhin ? Sur une chaîne de france.tv, le débat quotidien d’actualité en fin d’après-midi réunit rituellement 4 participants et est bien sûr ouvert à « vos questions », que vous pouvez envoyer pas sms. Quel que soit le sujet, guerre en Ukraine, hausse des prix ou situation du personnel hospitalier, on a droit à une question, ou une affirmation péremptoire déguisée en question, de Jean-Pierre, Bas-Rhin. Aujourd’hui, rien. Le sujet : la présence ou non de viande dans la sauce qui accompagne les pâtes à la cantine, était pourtant d’une actualité brûlante. On a vérifié avec le replay : rien, pas d’intervention de Jean-Pierre, Bas-Rhin. On est inquiet : qu’est-il arrivé à Jean-Pierre ?

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Il est question ces temps-ci du système de santé et du bien-être animal. Deux objectifs apparaissent, pas forcément inconciliables : l’accès aux soins pour les humains, l’accès au foin pour les ruminants.

Jean-Frédéric Collet (N68)



 

 
 
 
 
Ils Nous ont demandé d'en parler
 
 

L’école des Mines de Paris avec son campus Pierre Laffite à Sophia Antipolis participera au Monaco Energy Boat Challenge qui aura lieu du 4 au 9 juillet à Monaco. Cette compétition consiste en une course de bateaux alimentés par des énergies durables composée de trois épreuves : une course de vitesse, une épreuve de slalom et une course d’endurance. Lors de sa première participation en 2021, l’équipe Mines Energy Challenge qui réunissait ingénieurs, chercheurs et doctorants du site est arrivée 4e avec son bateau alimenté par de l’hydrogène.

Cette année, l’équipe et ses partenaires ont apporté des améliorations sur le bateau en travaillant tout particulièrement sur sa structure. Le système de pile à combustible a été fourni et développé par la société Symbio, tandis que l’hydrogène qui sera utilisé pendant la compétition est issu de ressources durables et fourni par la société H2X-Ecosystems.

N'hésitez pas à suivre leurs aventures de cet été sur le site Internet de la compétition et sur leur page LinkedIn Mines Energy Challenge !

Pour tous contacts : Julia Wagner (P24 docteur)

 

 

 

 
 
 
 
Agenda
Mardi 05 juillet
Webinar Carrières * Comment développer son assertivité ?
 

Comment développer son assertivité ?

L'assertivité, ou comportement assertif, est un concept de la...


 
 
 
 
La boite à mails
 
 

Bonjour,

Ancien spectateur de Mai 68, j'ai d'abord pensé : il faut que jeunesse se passe.

Notre promo P65 avait connu quelques menus soubresauts et inauguré la grève de cours jugés antédiluviens ou réactionnaires, avant d'assister à la nuit des barricades. Mais l'idée du devoir implicite envers la Nation qui nous avait permis d'atteindre notre niveau avait rapidement calmé les révolutionnaires.

Dans un second temps, j'ai conclu que le trotskisme n'était décidément pas mort, qui arrivait à polluer une quatrième génération de futurs ingénieurs, en ressortant le vieux plat anticapitaliste agrémenté de « sauvons la planète ».

Il y a de la place au Larzac pour ces huit déserteurs. Mais ils devraient se demander ce qu'ils laisseront à leurs enfants.

Cordialement,

 Gilbert Gauthier (P 65)

 ***

Bonjour,

En voyant ces jeunes agros dissidents je me permets de rappeler qu'après mai 68 la fonction d'ingénieur fut largement désacralisée et que la culpabilité d'exploiter les ouvriers (largement influencé par le père blond) conduisit 7 d'entre eux (P70) à faire un stage ouvrier d'un an et même pour certains à devenir ouvrier (comme mon ami Parcabe ponts 67)

Des "communautés" éphémères se formèrent dès la sortie en 1969, la plus emblématique étant le 26 avenue Reille qui déboucha sur l'initiative du Mas Légal à Chamborigaud qui tient toujours et fête ces jours-ci son cinquantenaire ; elle fut présidée longtemps par mon ami Joël Lebreton P68.

 NB aujourd'hui tenue par les petits enfants pour qui l'idée d'utopie socialisante de départ semble légèrement …oubliée !!😿

Je sens revenir ces vieilles lunes comme du réchauffé de derrière les fagots et je ne leur prédis pas plus d'avenir.

Cordialement,

 Jean-Louis Montagut (P67)

***

Bonjour

Depuis un certain temps j'avais de plus en plus de mal à lire cette News.

À la lecture de la dernière je constate avec effroi à quel point le wokisme importé des USA la déconstruction de la langue et la tyrannie des minorités LGBT ou des écolos type khmer vert ont gangrené même les Grandes Écoles d'Ingénieurs

Pauvre France Adieu la News

 Alain Neveu (E60)

 

 
 
 
 
BONUS TRACK
 
 

   

      

 

 
 
 
 
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