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mars 2014

Une politique maritime globale cohérente et intégrée : la croissance bleue

Publié par Frédéric CUVILLIER | N° 472 - LA MER

Ministre chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche


La politique maritime doit aujourd’hui retrouver une ambition globale, cohérente et intégrée. La croissance bleue est avant tout une politique de développement économique orientée par la mer. Innovation technologique, recherche, énergies alternatives, préservation de l’environnement, autant de pistes d’actions concrètes permettant de penser un nouveau mode de développement orienté sur la transition écologique et énergétique. La future délégation à la mer annoncée par Jean-Marc Ayrault le 2 décembre der­nier à Montpellier, renforce cette ambition au cœur du déve­loppement durable et de ses trois piliers que sont l’économie, le social et l’environnemental, en s’appuyant sur la mise en cohérence des politiques affectant directement la mer, qui hier étaient trop cloisonnées.

Après avoir associé tous les acteurs du monde maritime à tra­vers les Assises de la Mer et du littoral au premier semestre 2013, et en travaillant à définir un pilotage plus intégré de la politique de la mer, le Gouvernement français entend définir une stratégie globale pour la politique maritime intégrée, une ambition française en rupture avec le manque de vision stratégique et de volonté politique qui prévalait jusqu’alors. La croissance bleue signifie d’abord et avant tout prendre soin de nos océans. L’ambition de placer 10% des espaces maritimes en aires marines protégées d’ici à 2020 implique d’investir dans la science et la connaissance de nos mers, des fonds marins et de la vie dans ces fonds marins, au travers notamment du cadre européen de recherche «Horizon 2020» mais également grâce à une coopération étroite entre et au sein des États membres ainsi qu’avec les partenaires internationaux.

La mer est également «nourricière» : elle nous permettra de faire face à l’accroissement des besoins en produits de la mer des consommateurs et à l’exigence d’une alimentation équi­librée. La réforme de la Politique commune de la pêche per­mettra d’aboutir à une pêche plus durable et plus compétitive. Une coopération étroite entre les pêcheurs et les scienti­fiques est essentielle. Nous devons également soutenir les ambitions de la filière de transformation et de



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Figure n°1 : Frédéric CUVILLIER


valorisation des produits de la mer, de l’amont à l’aval.

Le transport maritime va affronter demain des défis d’ampleur qu’il faut accompagner, alors que 80% du commerce mondial est déjà sur les mers. La réglementation internatio­nale et européenne sur la réduction des émissions de soufre, et demain en azote et en CO2, des carburants marins, nous obligera à adopter massivement des solutions économiques et écologiques comme le gaz naturel liquéfié. Les navires de demain, que nous sommes en train d’inventer, seront plus sobres en carburant et moins polluants. La construction et la réparation navales sont plus que jamais une industrie d’avenir. Quant aux ports, leur développement passe aussi par la terre : aux infrastructures portuaires doivent répondre des infrastructures de transport terrestre améliorées qui élargis­sent la vocation naturelle des marchandises arrivant par la mer, en direction des villes, des industries et des consomma­teurs.

La mer est en outre une source de loisirs, et à ce titre une res­source importante pour l’économie : l’industrie du tourisme représente 9% du PIB mondial, 4% du PIB européen et 6,5% du PIB français et le nombre de touristes croît de 4% par an. Le développement d’un tourisme maritime et littoral respectueux de l’espace côtier, mais aussi l’économie de la croisière, la plaisance et les loisirs nautiques sont des créneaux d’avenir sur lesquels s’appuie notre ambition.

Enfin, l’enseignement maritime figure parmi nos priorités. Il est important que ceux qui vivent sur la mer, comme ceux qui vivent de la mer, constituent la force vive du littoral fran­çais. Les lycées maritimes et l’école nationale supérieure maritime doivent pouvoir se développer et offrir des pers­pectives durables d’emploi, et donc de croissance, au monde de la mer. De même, la recherche investit aujourd’hui dura­blement les domaines des biotechnologies marines. Les 25 000 espèces d’algues connues permettent d’envisager les biocarburants du futur, respectueux de l’environnement. Trois pôles de recherche et d’innovation maritimes en Bretagne, en région Provence Alpes-Côte d’Azur et à Boulogne-sur-Mer travaillent aujourd’hui pour permettre le développement industriel des technologies marines et l’exploitation durable des produits issus de la mer. ■

Auteur

Frédéric CUVILLIER

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