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janvier 2017

L’aluminium, un matériau chargé d’Histoire

En publiant un dossier sur l’aluminium, le Comité de Rédaction a une pensée émue pour notre cama­rade François Vinçotte (P58), ancien rédacteur en chef et membre du Comité de rédaction, qui nous a quittés en novembre dernier. Il a travaillé de nombreuses années dans ce secteur de l’industrie et, sans nul doute, il aurait eu à cœur d’apporter sa contribution pertinente à ce dossier.

L’idée est venue lors d’une rencontre avec Michel Delaune (E63), ami de la famille de Louis Paul Heroult, l’inventeur du procédé actuel d’électrolyse. Le Comité de Rédaction a déci­dé de publier un dossier, aussi complet que possible, sur « L’Aluminium, hier et demain ». Il a été beaucoup aidé dans sa tâche par l’Institut pour l’Histoire de l’Aluminium (IHA) et son Président Pierre Meynard que nous remercions vivement.

Pourquoi « chargé d’histoire » ? Ce métal, connu depuis long­temps, a accompagné la révolution industrielle en Europe et aux États-Unis. Deux pays sont particulièrement concernés dans leur histoire industrielle : la France et les États-Unis. C’est en France que fut découvert, en 1821, le principal mine­rai d’aluminium, près du village des Baux de Provence - qui lui donna son nom de bauxite - et que Paul Heroult y déve­loppa la production de métal à partir de son brevet. Aux USA le brevet similaire de Charles Hall, déposé en même temps et sans concertation, fut à l’origine de cette industrie. Le XXe siècle vit se développer de grandes entreprises nationales telles Alcoa, Reynolds ou Kaiser aux USA, Pechiney en France, Alcan au Canada ou Alusuisse en Suisse. Puis vint la fin du XXe siècle avec la course à la productivité et au gigantisme mondial. Les concentrations et les restructurations ont conduit à la disparition de certaines entreprises « histo­riques », telles Pechiney, comme le rappelle Philippe Thaure (N57) dans son livre «

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Figure n°1 : Aluminium : marchés servis



Pechiney ? vendu !», paru en 2007.

Cette longue histoire, commencée sous Pline l’Ancien et non encore terminée, est très bien décrite par Maurice Laparra, ancien Président de l’IHA, dans son article sur « L’Aluminium, une belle histoire ». Claire Girardeau-Montaut nous relate, par ailleurs, l’histoire et le parcours exceptionnel de son arriè­re-grand-père dans un « Portrait d’un inventeur français : Paul Louis Toussaint Heroult (1863-1914) ». Ces deux articles sont complétés par une courte présentation de « L’Institut pour l’Histoire de l’Aluminium, un autre regard sur l’alumi-nium » par son Président, Pierre Meynard.

La consommation de l’aluminium s’est notamment dévelop­pée au XXe siècle, surtout après la seconde guerre mondiale où la croissance est régulière, entre 5 et 7 % par an depuis la fin des années 1950. Pour 80%, cette consommation est des­tinée à trois grands marchés : les transports, le bâtiment et les emballages. 

Ce développement important, résultant aussi de la baisse des prix, s’explique par les qualités intrinsèques de l’alumi-nium et de ses alliages dont l’une des plus importantes de nos jours est sa capacité à être recyclé à l’infini.

Dans le domaine des transports, l’aéronautique a été la pre­mière, dès le début du XXe siècle, à faire appel à l’aluminium et ses alliages pour leur propriétés de légèreté et de résistance. Pierre Chaumes (E61) nous raconte avec passion dans « L’aluminium dans les structures aéronautiques » les progrès fulgurants de la métallurgie de ce métal à travers l’épopée du programme Airbus et ses modèles successifs ; l’aluminium est prépondérant et le sera sans doute encore longtemps malgré le développement

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Figure n°2 : Jantes de vélo en aluminium



des matériaux composites. Le match n’est pas fini.

Pour le grand public et la vie de tous les jours, l’aluminium est surtout connu dans le secteur de l’emballage, notamment dans l’alimentaire et le conditionnement pharmaceutique. Qui ne connaît la canette au couvercle aluminium serti ou la « brique » de liquide périssable en matériau composite où la feuille d’aluminium constitue la barrière contre l’air ambiant ? Philippe Simon (P72), dans « L’aluminium et l’emballage : historique et prospective», nous entraîne, avec de nombreux exemples, dans cet univers de l’emballage, de la canette aux blisters pharmaceutiques en passant par les aérosols ou les capsules de surbouchage du vin.

L’aluminium a mis très longtemps à « décoller » dans l’industrie automobile, comme le fait remarquer Jean-Noël Dargnies (P73). Il voit dans « L’aluminium dans l’automobile : une rude compétition entre matériaux » Si, pour certaines fonctions, (jantes, radia­teurs, culasses, etc.) l’aluminium a trou­vé sa place, il n’en est pas encore de même pour la carrosserie pour laquelle l’effet « séries » est important. Mais l’avenir n’est pas fermé puisque la consommation européenne de tôle de carrosserie a été multipliée par 6,5 entre 2000 et 2010 et devrait être enco­re multipliée par 3 entre 2010 et 2020. Pour Béatrice Charon « L’avenir de l’aluminium » reste très ouvert. Rappelant la croissance de ce métal liée à ses qualités intrinsèques elle insiste, pour l’avenir, sur ses propriétés sur le plan environnemental, notamment sa capacité d’être recyclé à l’infini.

Nous n’avons pu dans un tel dossier traiter de toutes les applications de l’aluminium, notamment dans le bâtiment, certains domaines informatiques ou les cycles. Ce sera pour un prochain numéro. ■

 

 

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