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mai 2010

Introduction

Quel point commun entre le tourisme, le cinéma, les jeux vidéos, les musées ? Certes, il est d’usage de regrouper ces secteurs d’activité sous l’appellation « indus­trie des loisirs » (ou « Entertainment » en anglais) compte tenu du fait que chacun s’adresse au budget « loisirs » des consommateurs.

Mais la dimension économique n’est pas le point commun le plus fort. Non, ce qui marque c’est l’implication et la passion des gens qui tra­vaillent dans ces milieux. À l’évidence, on ne devient pas producteur de film ou développeur de jeux vidéos ou gestionnaire de musée par hasard. Il faut de la compétence évidemment mais aussi une bonne dose de passion, d’envie et de détermination.

Car, dans ce milieu, l’ingénieur n’est pas roi et les parcours sont loin d’être « tout tracés ». Pour qui cherche confort et sécurité, il vaut mieux évi­ter ces milieux turbulents qui ne cessent d’être remis en cause par la mondialisation et la technologie.

Cette passion, cette envie, nous la retrouvons chez chacun des mineurs qui ont accepté de participer à notre dossier. Au fil des pages, ils nous livrent leur vision de l’intérieur de ces métiers qui bougent, sans jamais perdre de vue l’ef­fort d’explication et de clarté.

Au nom de la Revue des ingénieurs, je les remercie. Ainsi, vous trouverez dans ce dossier les articles suivants :

Bertrand Meheut (N72), PDG du groupe Canal +. Après une carrière dans la chimie, il dévoile, dans cette inter­view, l’importance que revêt le cinéma pour Canal + et vice-versa. Sait-on ainsi que 100% des films français ayant un budget supérieur à 15 M sont financés par StudioCanal ?

Philippe Boeffard (N86) a fondé il y a dix ans le studio Nord-Ouest qui a notamment produit les films « Azur et Asnar » « Joyeux Noël », « Une hirondelle ne fait pas le prin­temps »...

Son article propose une vision précise et complète du modèle français de financement de la production cinéma­tographique. Modèle dont chacun reconnaît qu’il a permis au cinéma français de continuer à prospérer malgré l’hé­gémonie anglo-saxonne.


Et puis des salles obscures aux salons, il n’y a qu’un pas que franchit Nicolas Hunsinger (P03), responsable mar­keting chez Warner Vidéo. Il nous raconte l’évo­lution du secteur de la vidéo qui s’est profondé­ment renouvelé en moins d’une dizaine d’an­nées sur fond d’essor d’internet, de dématérialisation des supports et de renversement de la chronologie des médias. Sans oublier le progrès technologique constant. Qui se souvient encore des télés noir & blanc et des cassettes VHS ?

Pour ceux qui préfèrent les grandes destinations aux plaisirs de l’écran, Pascal Moyon (N86), directeur chez Thomas Cook, s’interroge « Le tourisme, est-ce bien sérieux ? ». Oui c’est bel et bien sérieux. Et peu de secteurs industriels peu­vent se targuer d’une croissance aussi importante (mul­tiplication par quarante du nombre de touristes en soixante ans) avec des perspectives très positives à long terme.

Plus près de nous, Thomas Grenon (CM86), administra­teur général de la Réunion des musées nationaux, organis­me public qui gère de nombreux musées dont le Grand Palais, montre comment la culture se démocratise, s’évé­nementialise tandis que les musées s’ouvrent au plus grand nombre. Le succès sans précédent des dernières grandes expositions (Picasso et les maitres, etc.) en témoigne.

Marie-Laure Las Vergnas (P72), directeur à la Cité des Sciences et de l’Industrie s’intéresse quant à elle au rôle des grands établissements culturels dans la lutte contre l’exclusion. Sujet ô combien essentiel d’un point de vue sociétal. Elle nous en livre tous les tenants et aboutissants avec un regard expert puisqu’elle a piloté, auprès des pré­sidents successifs de la Cité des Sciences et de l’Industrie, les deux missions ministérielles «Culture et Handicap» et «Vivre ensemble».

Enfin, nous conclurons ce dossier avec le texte de Steve Gury (N02), ingénieur chez Mimesis, qui retrace l’évolution vertigineuse de l’industrie des jeux vidéo, industrie dont le chiffre d’affaires mondial, supérieur à 40 billions d’euros, dépasse désormais celui de l’industrie cinématographie.

Bonne lecture ! ●

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