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janvier 2017

Croisières : Marseille a le vent en poupe

Publié par Jean-François SUHAS - Président du club de la Croisière Marseille Provence | N° 489 - CONSTRUCTION NAVALE ET CROISIÈRES / L’ALUMINIUM, HIER ET DEMAIN

Avec 1,6 million de passagers en 2016, le port phocéen confirme son rang en Méditerranée, et affiche une ambition : intégrer le top 10 mondial des ports de croi­sières à l’horizon 2020.

En 1996, il fallait beaucoup de flair pour parier sur l’activité croisière à Marseille. Pourtant, en pleine crise portuaire, la ville, la CCI Marseille Provence et le port autonome se réunis­saient au sein du Club de la Croisière Marseille Provence, à l’initiative de Jacques Truau, pilote visionnaire. Cet engage­ment commun a porté ses fruits, puisque Marseille figure désormais dans le top 20 mondial des ports de croisière, s’affichant au 9e rang mondial des ports de transit, au 5e rang des ports de Méditerranée, et au premier rang des ports français.

Avec plus d’1,6 million de passagers et plus de 500 escales en 2016, Marseille a doublé son activité croisière en cinq ans. Elle sera bientôt en mesure de disputer la première place en Méditerranée à Barcelone (2,3 millions de passagers) et Civitavecchia (2,1 millions). Le port phocéen et l’ensemble du territoire ont su saisir les opportunités d’une activité dont la croissance mondiale se poursuivra en 2017, avec une estima­tion de 25,3 millions de passagers embarqués (contre 15,8 millions il y a seulement dix ans). Selon la CLIA (Cruise Lines International Association), de 2017 à 2026, 97 nouveaux navires de croisières seront lancés dans le monde, pour un investissement de 53 milliards de dollars.

À Marseille, le Club de la Croisière et l’ensemble des acteurs concernés œuvrent au quotidien pour consolider l’attractivité de la destination. À une stratégie de promotion offensive (un grand salon de la croisière, Top Cruise, est notamment organisé chaque année) s’ajoute le souci constant d’adapter les équipements à cette montée en gamme touristique.

 

Le Grand port maritime de Marseille élargit sa passe princi­pale pour faciliter l’accès des plus grands navires, tandis que Marseille Provence Cruise Terminal, l’exploitant des termi­naux de croisière, offre aux armateurs un service toujours amélioré pour l’embarquement des croisiéristes français et nord-européens. Par ailleurs, le Chantier Naval de Marseille exploitera bientôt la plus grande forme de radoub de Méditerranée. Cet outil de maintenance hors du commun permettra de réparer les paquebots géants en limitant au maximum la durée de leur arrêt technique. Un atout déter­minant pour Marseille, qui dans le domaine de la réparation navale bénéficie d’une accessibilité remarquable comparati­vement à ses concurrents méditerranéens, Cadiz et Palerme, ou à son principal concurrent français, Brest, éloigné des zones de navigation des paquebots et des yachts.

Le port phocéen dispose ainsi des atouts nécessaires pour capter une part de la croissance de la croisière, qui a généré cette année plus de 105 Md€ de chiffre d’affaires dans le monde. Une manne dont Aix Marseille Provence reçoit sa part, puisque les retombées annuelles sur le territoire sont estimées à 200 millions d’euros (hors investissements du por­tuaire et de la réparation navale).

La bataille des vingt prochaines années sera celle de l’aérien, que nous mènerons en collaboration avec l’aéroport Marseille Provence. Pour développer le nombre de croisié­ristes embarquant à Marseille, nous devons ouvrir des lignes directes vers les États-Unis, le Moyen-Orient et l’Extrême-Orient... Un challenge audacieux et l’une des conditions à remplir pour gagner le pari du Club de la Croisière Marseille Provence : positionner Marseille dans le top 10 mondial des ports de croisière à l’horizon 2020... ■ 

Auteur

Jean-François SUHAS - Président du club de la Croisière Marseille Provence

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