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septembre 2008

Bilan Carbone : une voie inédite pour la croissance

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Muriel NEVEU

 ADP France Directrice des Ressources Humaines


Confrontée à des objectifs de croissance ambi­tieux fixés dans un contexte de mondialisation, d’émergence de concurrence à bas coûts, d’externalisation off-shore, cette entreprise leader dans les services de gestion des ressources humaines se doit de surcroît d’être exemplaire en matière de Responsabilité Sociétale d’Entreprise. Comment concilier des objectifs a priori contraires, et emporter l’adhésion du manage­ment et des collaborateurs ?

L’étude du Bilan Carbone, engagée pour un simple motif de conformité, a permis de dégager des gise­ments d’économie contribuant à l’atteinte des objectifs financiers, et de démontrer l’utilité d’une démarche de type Responsabilité Sociétale d’Entreprise pour le sens donné à l’action et la mobilisation des collaborateurs.

La croissance au tournant de la mondialisation

L’entreprise est le numéro un mondial des services pour la gestion des Ressources Humaines. Avec un chiffre d’affaires mondial de près de huit milliards de dollars, le groupe cultive dans tous les pays les valeurs d’innovation et de service client qui lui ont permis d’obtenir cette position de leader.

Le groupe se trouve pourtant confronté à des évolu­tions très rapides dans son métier : montée en puis­sance de l’externalisation, globalisation de la gestion dans les grands groupes, arrivée de concurrents à bas coûts et pression sur les prix. Le groupe réagit en actionnant plusieurs leviers : internationalisation de l’offre et mise au point de solutions corporate, centres internationaux de gestion pour les grandes entreprises, mutualisation des ressources. Cette politique va parfois à l’encontre des habitudes de fonctionnement des filiales nationales, traditionnellement concentrées sur leur marché domestique.

En France l’entreprise se trouve à un tournant du fait du départ de dirigeants historiques, et de l’impulsion don­née par le Groupe dans le cadre de sa politique d’internationalisation et de rationalisation de l’offre. Les ques­tions posées à la filiale française ne sont pas simples :

  • comment développer les services externalisés en gar­dant une base forte en France ?
  • comment baisser les coûts de production en rationa­lisant l’offre, tout en gardant les possibilités de per­sonnalisation pour les clients ?
  • comment faire croître à nouveau le revenu et la marge de 10% par an dans un contexte de prix de vente à la baisse ?

Pour répondre à ces questions, la Direction a lancé l’initiative Croissance, avec trois grands axes :

  • la conquête de nouveaux clients par une activité com­merciale renforcée
  • l’augmentation de la valeur créée avec une évolution bien pilotée des solutions en place chez le client,
  • le développement des activités réalisées en externalisation totale (Managed Services).

Dans ce contexte, l’étude du Bilan Carbone de huit sites en France peut paraître anecdotique. Pourtant la mobilisation qu’elle suscite chez les collaborateurs, les gisements d’économies identifiés, et la valorisation de cette démarche vertueuse auprès des clients en font une contribution inattendue et bienvenue à l’atteinte des objectifs de Croissance.

La RSE : un intérêt bien compris

Il est logique pour une entreprise de services en Gestion de Ressources Humaines de s’intéresser à la Responsabilité Sociétale d’Entreprise. Par la RSE, l’entreprise cherche à assurer son développement de façon plus harmonieuse avec son environnement socio-économique. La filiale française a ainsi signé, avec la municipalité de Nanterre où est situé son siège, une Charte d’Engagement Territorial. Les engagements pris sont de nature à favoriser l’insertion locale des entreprises, la municipalité disposant ainsi d’appuis pour sa politique d’emploi local. Au chapitre environ­nemental figure le Bilan Carbone. Le projet est donc réalisé au premier trimestre 2008 pour les huit princi­paux sites de l’entreprise en France.

Le Bilan Carbone : un point de vue original, un résultat mobilisateur

Très vite il apparaît que la perspective de réaliser des économies est aussi importante que celle de diminuer les émissions de CO2. Et c’est une réalité : la méthodo­logie du Bilan Carbone de l’ADEME demande d’inventorier toutes les activités et les ressources qu’elles consomment. L’entreprise prend conscience, sinon connaissance, des montants agrégés des consomma­tions électriques, du nombre de ramettes de papier uti­lisées et du coût des impressions internes, des mon­tants dépensés pour les déplacements de toute nature.

 

Pour évaluer les déplacements des collaborateurs et des clients, un questionnaire a été adressé à l’ensemble des collaborateurs. Le bon taux de réponse (plus de 40% y compris pour les sites clients externalisés ou les sites non étudiés) et les suggestions transmises spontané­ment ont montré l’intérêt et le souhait des collabora­teurs de s’impliquer pour la mise en œuvre de bonnes pratiques.

L’indicateur des émissions de CO2 est corrélé aux consommations donc aux coûts. La mobilisation pour réduire les émissions de CO2, qui fait appel à la responsabilité et à la fibre environnementale de chacun, s’avère donc payante pour l’entreprise. La corrélation fonctionne aussi pour les services vendus : la promotion d’une offre dématérialisée dans le domaine de la paie est un facteur de différenciation supplémentaire, tout en réduisant for­tement l’empreinte Carbone, à la fois grâce à la réduction des quan­tités imprimées, et à l’économie sur les transports de bulletins.

Dans le même temps, certains grands clients ont commencé à poser la question de l’engagement du leader des services pour la gestion des ressources humaines pour le Développement Durable, dans le cadre de leur politique de référencement. La réalisation du Bilan Carbone est un élément de réponse concret et valide.

De nouvelles perspectives



L’étude a été présentée au Comité de Direction en raison des enjeux économiques soulevés : quelque 1 M d’économies à portée de main, assortis d’une diminution de près de 500 tonnes équivalent CO2 des émissions, sans dégrader l’environnement de travail. Les avantages en termes d’image chez les clients ont été attestés mais non chiffrés.

Des décisions concernant la politique des véhicules de fonction, l’organisation des voyages et déplacements, la gestion des impres­sions internes ont été immédiatement mises en œuvre.

Un suivi du plan d’action, et la nomination d’une responsable dédiée pour renforcer la politique RSE de l’entreprise ont été éga­lement décidés. Au premier rang des missions de cette nouvelle responsable, figurent celles d’intégrer et de diffuser les critères de RSE dans les valeurs fondamentales et les pratiques de manage­ment de l’entreprise, en pleine cohérence avec l’initiative Croissance qui mobilise tous les collaborateurs.

Dans un contexte d’objectifs plus exigeants sur le plan écono­mique, l’étude Bilan Carbone et son prolongement dans la mise en place d’une politique de RSE ont ainsi apporté un point de vue qui n’était pas prévu au départ. Ce sens nouveau donné à l’action de chacun doit maintenant se traduire aussi dans le renforcement de l’image auprès des clients. 

 

Auteurs

Ivan Grenetier - Paris promo 1981

1984 à 2003 : conseil en SI - Gamma International, Valoris
à Valoris : Associé, Directeur du Consulting, puis Directeur de la BU Finance
2003-2007 : Océ France : Directeur de la Division Systèmes d'Impression
Depuis 2007 : Associé Fondateur de NuevoMund, conseil en management pour les stratégies carbone et énergie, responsabilité sociétale d'entreprise, développement durable.

membre du bureau du club Mines Environnement Voir les 2 autres publications de l'auteur
Muriel NEVEU

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