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22 septembre 2020
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Intermines
Les pompes funèbres, un secteur plein de vie !

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Chrystelle Nandjaye (E 2011) fait le point sur un secteur d’activité méconnu

Transport sans cercueil, mise en bière, chambre mortuaire, CNOF… Ces termes vous sont probablement inconnus, ils font pourtant partie du vocabulaire quotidien du secteur des Pompes funèbres. Collaboratrice au sein du Service dédié aux projets d’une entreprise de Pompes Funèbres leader dans son secteur, j’ai découvert un secteur riche en projets où les défis à relever sont nombreux et des métiers de passionnés travaillant dans l’ombre au service des autres pour les aider à traverser cette phase si difficile que représentent la perte d’un proche et le deuil.

Les métiers du secteur funéraire peuvent être très opérationnels, c’est-à-dire en relation directe avec les familles ou les défunts (chauffeur, porteur, conseillers funéraires…) ou plutôt en soutien de ces postes : logistique, comptabilité, projets…. Situés au Siège, ces postes paraissent plus éloignés du secteur, ils assurent portant le bon fonctionnement des métiers en direct avec les familles. Ce mode de fonctionnement composé d’un réseau d’agences et d’un Siège parait somme toute assez similaire à toute entreprise ayant un réseau d’agences s’étendant sur le territoire. Néanmoins, ce secteur présente des particularités qui en font sa richesse.

En quoi ce secteur est-il si différent des autres ?

Une qualité de service irréprochable et des métiers de l’ombre

Lorsqu’il s’agit de recevoir une famille qui vient de perdre l’un des leurs en agence, le conseiller funéraire n’a pas le droit à l’erreur. Conseiller sans en faire trop, comprendre et écouter les besoins d’une famille en deuil font partie des qualités essentielles à ce métier. D’ailleurs, dans les Pompes funèbres, il n’est jamais question de « clients » mais de familles. La qualité de service qui leur est apportée doit être 100% parfaite. La formation qui leur est dédiée est donc exigeante et des cas pratiques leur sont soumis pour s’assurer de la qualité de l’accueil aux familles. Il ne s’agit pas ici de vendre mais d’offrir aux familles la possibilité d’un dernier hommage à la personne aimée.

Les métiers exerçant dans le secteur funéraire sont des métiers de l’ombre : qui a déjà remarqué le chauffeur d’un corbillard ou les porteurs du cercueil dans l’église ? Ces derniers se doivent d’être invisibles tout en exécutant à la perfection leur rôle : il suffit d’un couac comme un porteur dont la tenue n’est pas conforme pour que cela fasse la une des journaux.

Côtoyer la mort pour mieux apprécier la vie

L’argent et la mort, deux thèmes tabous qui ne sont guère bienvenus dans les dîners en famille ou entre amis. Ainsi, lorsqu’on travaille dans ce secteur, il n’est pas tout à fait aisé de parler de manière anodine de son travail, ce qui peut paraitre contraignant.

Suite à une immersion terrain, période pendant laquelle j’ai pu côtoyer les fonctions opérationnelles, j’ai découvert une ambiance bienveillante, relativement détachée de la mort et du deuil : les porteurs n’hésitent pas à plaisanter et à partager un moment d’insouciance avant de démarrer le convoi. Un détachement indispensable à qui veut continuer dans ce secteur. Etant donné les situations qui peuvent en effet être difficiles à vivre notamment lorsqu’il s’agit de décès violents, ne pas trop s’assimiler aux familles et voir le côté positif des choses est une condition sine qua none.

A ce sujet, apprécier la vie nous parait d’autant plus important lorsque nous côtoyons de si près la mort.

Ainsi, le secteur funéraire est un secteur hors du commun : abordant les 2 thèmes les plus tabous en France, la mort et l’argent, il n’est pas souvent mis sous les feux des projecteurs. Pourtant d’utilité publique (la mobilisation de ce secteur durant la vague de décès liés à la pandémie de Covid-19 le confirme) ce secteur reste donc méconnu du français lambda. Il s’agit également d’un secteur riche de projets novateurs. En effet, le secteur commence à être de plus en plus concurrentiel et les entreprises doivent se transformer et s’adapter aux mœurs actuelles. Il y a une quarantaine d’années, personne n’aurait cru que les crémations représenteraient aujourd’hui près de 39% des obsèques. Les cortèges étaient encore organisés à pied de l’église au cimetière. Que de changements en quelques décennies et cela continue !

Des opportunités de carrière intéressantes pour les ingénieurs

Une des ambitions affichées du secteur est clairement la mise en place d’une stratégie digitale : que ce soit par le biais de la digitalisation de processus notamment en lien avec les fournisseurs ou de vente en ligne, le secteur ne finit pas de s’adapter aux attentes des clients d’aujourd’hui. La digitalisation peut paraitre anodine dans d’autres secteurs mais dans celui des Pompes funèbres, il y a des limites qu’on ne peut franchir : en effet, la vente à domicile d’obsèques est interdite par la loi (article L. 2223-33 du CGCT*), la vente à distance pouvant être assimilée dans certains cas à de la vente à domicile, le secteur se doit d’être vigilant sur les prestations proposées aux familles à distance notamment sur internet… Il faut donc pouvoir proposer aux familles un parcours plus digitalisé avec l’accès et la validation des documents commerciaux en ligne par exemple sans que cela ne soit considéré comme de la vente à domicile. D’ailleurs, qui souhaiterait vraiment commander des obsèques en ligne en n’ayant eu aucun contact humain ? Certes, le secteur funéraire peut être digitalisé mais le contact humain reste fondamental dans la relation client contrairement à d’autres secteurs, ce qui en fait sa spécificité.

Les projets menés au sein du secteur sont ambitieux, intéressants et adaptés au contexte actuel : ainsi, la mise en place du certificat de décès électronique dans les entreprises de Pompes funèbres est revenue sous les feux des projecteurs suite à la pandémie de Covid-19. En effet, ce dernier permettrait l’obtention en temps réel du suivi du nombre de décès liés au Covid-19 par exemple.

De plus, comme j’ai pu le constater, l’environnement de travail est bienveillant, bon enfant et personne ne s’habille en noir tous les jours comme on pourrait le penser !

Enfin, les métiers sont divers : plutôt accès sur la logistique, comme l’approvisionnement en matériel et fournitures (cercueils, housse mortuaire…), sur le marketing, l’industrie ou les projets, les défis à relever sont nombreux.

 

Pour conclure, travailler dans le secteur des Pompes funèbres est une opportunité de travailler au service des autres et de participer à des projets intéressants et « challengeants ». N’hésitez donc pas à vous intéresser à ce secteur, vous vous découvrirez peut-être une vocation !

 

*L’article L. 2223-33 du CGCT dispose que « A l'exception des formules de financement d'obsèques, sont interdites les offres de services faites en prévision d'obsèques ou pendant un délai de deux mois à compter du décès en vue d'obtenir ou de faire obtenir, soit directement, soit à titre d'intermédiaire, la commande de fournitures ou de prestations liées à un décès. Sont interdites les démarches à domicile ainsi que toutes les démarches effectuées dans le même but sur la voie publique ou dans un lieu ou édifice public ou ouvert au public ».



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