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23 novembre 2020
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[La Revue #510] Vivre et dépasser la crise Volet 2

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LE PROGRES EN QUESTION

 

Après le débat sur Linky, celui de la 5G. Ce qui pourrait être perçu comme une technologie apportant des services et de la valeur, suscite méfiance dans une partie de la population, et va même pour certains jusqu’au rejet pur et simple.

La méfiance tient notamment à l’impact potentiel sur la santé des ondes électroma­gnétiques générées par la technologie et au risque d’inflation de la consommation élec­trique avec la multiplication des usages. Le rejet ne repose quant à lui pas tant sur des arguments techniques. Il exprime un doute sur le bénéfice à en attendre sur la qualité de vie : ne rentre-t-on pas dans un contrôle encore plus poussé, dans une aliénation à la technologie ?

Il est sain que cette technologie qui va faire partie de nos vies suscite un débat de société. Il n’en reste pas moins qu’une nouvelle technologie était historiquement plutôt communément associée à un mieux vivre et donc consensuelle. Le bien que peut apporter une nouvelle technologie est aujourd’hui questionné, la 5G prenant une valeur symbolique dans le débat.

En avril 2020, la France est confinée, la première vague de l’épidémie de Covid-19 atteint son pic, et beaucoup luttent contre la maladie. A ce moment-là, un sondage du journal Le Parisien révèle que 59 % des Fran­çais estiment que la chloroquine est un traitement efficace contre ce virus mal connu. Aucune étude clinique n’est alors pourtant en mesure de démontrer l’efficacité d’un tel traitement.

Peut-être la difficulté à vivre l’impact majeur de l’épidémie sur nos vies et sur l’économie, peut-être l’espoir d’un traitement rapide poussent-ils à se raccrocher à des certitudes qui n’en sont pas. Ce sondage vient toutefois montrer que ce qui devrait être pris avec précaution et qui devrait s’inscrire dans une démarche scientifique raisonnée n’est pas pris comme tel par l’opinion. En parallèle, la difficulté à anticiper le dévelop­pement d’une épidémie pose dans l’opinion la question de la crédibilité à accorder à des approches scientifiques : la grippe H1N1 était annoncée dévastatrice, elle fut modérée, et en janvier 2020, le Covid-19 était largement perçu comme une maladie limitée à la Chine.

En 2015, la conférence de Paris sur les changements climatiques aboutit à un accord ratifié par 183 pays, fixant comme objectif une limitation du réchauffement mondial entre 1,5°C et 2°C d’ici à 2100.

Alors que cet accord repose sur des observa­tions menées depuis plus de 30 ans par des experts de 195 pays, la nécessité et l’urgence de sa mise en œuvre continuent de faire débat. Les pays du G20, qui représentent 80% des émis­sions mondiales, peinent à se mobiliser et les Etats-Unis prévoient de sortir de l’accord d’ici à la fin de l’année.

Il est bien évidemment plus facile de réagir et de prendre des décisions quand les consé­quences sont majeures et immédiates. Mais ce qui sera fait ou pas dans les 10 années qui viennent conditionnera très largement l’ampleur des changements climatiques. C’est avec cette conscience là qu’une partie de la jeune génération se manifeste auprès des décideurs d’aujourd’hui.

5G, Covid-19, réchauffement climatique : ces sujets sont emblématiques des questions sur le progrès qui traversent nos sociétés et des choix que nous faisons.

La 5G vient nous interroger sur la valeur et la place que nous allons donner à l’humain et au lien social avec l’explosion généralisée du digital. Le Covid-19 vient nous rappeler que notre chemin collectif est réguliè­rement ponctué de crises majeures. Au-delà de la dureté de leurs effets immédiats, et des décisions urgentes qu’elles imposent, chaque crise nous renvoie à la capacité que nous avons de l’anticiper et à en tirer les leçons.

Le réchauffement climatique met l’accent sur notre difficulté à nous pro­jeter sur le long terme (en l’occurrence une génération) et donc sur notre volonté de prendre aujourd’hui et sans hésiter des options fortes qui remettent en cause nos modèles pour préserver l’avenir.

Laissons-nous interpeller par ces débats, car Il n’y a aucune réponse définitive. Il y a en revanche une nécessité à donner du poids à ce que nos formations et nos parcours professionnels nous ont appris : les faits permettent la décision et le jugement, et pas l’inverse.

Et, puisque le débat est nécessaire et sain, alors exposons et débattons des faits : c’est ce que nous nous attachons à faire dans la Revue. Portez-vous bien, et à très bientôt pour cette année 2021, pour laquelle rien ne semble écrit à l’avance. Ce sera l’occasion pour la Revue d’en donner avec vous de nouvelles perspectives. 

DIDIER PERRIN (P85), Rédacteur en Chef

 

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