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04 mai 2020
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Intermines
Carrières * Chasseur de têtes : chassez-moi !

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C'est en substance le message que je reçois plusieurs dizaines de fois par jour. Et je ne suis sûrement pas le seul dans la profession.

L'interpellation peut sembler être marquée au coin du bon sens. Après tout, n'est-ce pas le métier d'un chasseur têtes que de rechercher des candidats ? En réalité, les choses ne sont pas aussi simples...

En effet, quelle que soit la qualité de votre profil, il y a néanmoins très peu de chance pour que vous trouviez l’emploi de vos rêves en envoyant une candidature spontanée à un chasseur de têtes. Il faudrait vraiment un hasard extraordinaire pour que ce fût le cas ! En effet, si 80% des cadres sont référencés dans nos bases : dont vous sans doute. En revanche, nos missions sont peu nombreuses et très pointues. Or, il existe : 531 métiers, 732 secteurs d’activité, 101 départements, etc. Si nous n’avons pas de proposition à vous faire, cela ne remet pas en question vos qualités professionnelles. C’est simplement dû à la très grande diversité des postes et des profils qui existent. Le marché de l’emploi des cadres est en fait un puzzle à 4,5 millions de pièces, où chaque profil et chaque poste sont quasi-uniques !

Dans ce contexte, qu’est-ce qu’un chasseur de têtes ? Peu de gens en ont une idée claire, et c’est plus complexe qu’il n’y paraît.

Pour comprendre notre métier, il faut avoir présent à l’esprit comment les entreprises recrutent. C’est crucial pour la réussite d'une recherche d'emploi !

D’abord les entreprises recrutent en utilisant leur réseau (c’est gratuit) : cooptation, anciens prestataires, clients ou fournisseurs, camarades de formation, famille ou amis.

Vous devez donc vous rendre visible d’eux (réseaux sociaux, association d’anciens élèves, conférences, candidatures spontanées, etc.). Ne soyez pas passif : c’est à vous de faire le premier pas. N'attendez pas d’être choisi par une entreprise : choisissez-la !

70% des postes sont pourvus dès ce premier stade. (D’ailleurs, le projet de recrutement est bien souvent né de la proposition de services dont le candidat a pris l’initiative).

Ensuite les entreprises posent des annonces (ce n’est pas cher) : APEC, Cadremploi, Monster, Meteojob, RegionsJob, etc. Elles font alors ce qu’on appelle de la « pêche » : elles posent des lignes et examinent qui mord à l’hameçon.

C’est également ce que font les cabinets à faible valeur ajoutée mais dont les noms sont très connus du grand public, puisqu’ils déposent une grande quantité d’offres d’emploi pour se faire de la publicité. La rentabilité de ces cabinets repose d’ailleurs sur la refacturation de packs d’annonces au client final, et pas sur le recrutement lui-même (qui le plus souvent n’aboutit pas pour cause de pénurie de candidats disponibles).

Pour bien faire, votre CV doit être référencé sur les CVthèques, et vous devez y créer des alertes pour le cas où une offre correspondant à vos souhaits y serait déposée.

20% des recrutements se font par ce biais.

Enfin, si les entreprises n’ont trouvé ni par le réseau, ni par les annonces ; cela signifie qu’il n’y a aujourd’hui personne en recherche qui possède le profil qu’elles attendent. Ce qui n’est pas étonnant quand on sait que plus de 96,5% des cadres sont en poste aujourd’hui ; et ce malgré la crise (NB : les cadres ne constituent que 16% de la population active). Il va donc falloir approcher des personnes en poste et qui ne sont qu’en veille passive. C’est à ce moment et en dernier recours qu’une entreprise confie un mandat de recrutement à un cabinet de « chasse » de têtes (c’est plus cher…).

10% des recrutements se font par ce biais.

Nous nous lançons alors dans un vaste travail d’investigation pour leur dénicher le profil idéal, quel que soit l’endroit où il se trouve, parmi les 4,5 millions de cadres qui exercent en France.

C’est un travail de longue haleine : en moyenne, pour chaque mission nous identifions 150 personnes dont le profil est dans la cible ; nous faisons le premier pas vers eux ; nous nous entretenons avec tous ; nous en présentons quelques-uns qui se montrent vraiment motivés par le poste et dont le salaire n’est pas au-dessus du marché ; et au final, l’entreprise cliente n’en recrute qu’un seul !

Il s’agit en général de postes très complexes et sur lesquels il y a une forte pénurie de candidats actuellement (et pas forcément très hauts placés). Notre valeur ajoutée est là, et c’est la raison pour laquelle les entreprises sont prêtes à nous payer.

La proportion de chance pour que le mouton à cinq pattes vienne de lui-même nous proposer sa candidature au moment même où nous le cherchons est en fait épsilonesque…

En revanche, il existe aussi un métier parallèle au nôtre qui consiste à aider les candidats à trouver une entreprise : l’outplacement. Dans ce cas de figure, le client du cabinet : ce sera vous !

Thibaud CHALMIN  - Chasseur de têtes - Marignan consulting

 



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