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Carrières : Le conflit, article de Marion Jesu (N2004)

20 mai 2022 Actualités
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C’est l’histoire de la cohabitation entre deux Américains : le premier vient de la campagne, possède une éducation et une culturelle très traditionnelles, tandis que le second habite en ville, est formé aux nouvelles technologies et a l’habitude du show business. Le conflit ne perd pas de temps à émerger : ils deviennent très rapidement ennemis (valeurs apparemment contradictoires), concurrents (ils se battent pour l’attention des autres habitants) et se concentrent sur le fait d’éliminer l’autre.  Malgré les attaques et les scènes de dispute, ce conflit va amener chacun à découvrir l’univers de l’autre et les différences qui ont amené aux conflits.
Et par cette découverte mutuelle, chaque personnage trouve l’opportunité de s’affirmer dans son individualité.

La première phase de la relation conflictuelle est celle où chaque personnage se sent fragilisé par la présence de l’autre : le premier se sent menacé par les connaissances technologiques du second tandis que le second se sent vulnérable face à l’historique du premier dans la maison. La deuxième phase consiste à ce que chacun se renforce dans ce qu’il est, ce qui le différencie de l’autre, pour se défendre et exister. C’est à ce moment-là que le conflit devient le plus riche pour chacune des parties puisque l’occasion se présente naturellement de mieux se connaître, se comprendre et se développer.  L’histoire de ces deux héros les amène, pour une troisième phase, à avoir un objectif commun qui va les amener à voir leurs différences comme des complémentarités et à s’allier contre une seule cible, les menant à la collaboration et même à l’amitié.  Le premier s’appelle Woody et le second Buzz l’éclair. 

Hors de Toy Story, les conflits restent de la même nature : il s’agit de différences (cultures, valeurs, opinions, objectifs, habitudes, besoins) qui se rencontrent, s’évaluent et tentent de se rassurer. Car tout cela parle avant tout de sécurité : si l’autre, dans ce qu’il incarne de différent de moi, est plus légitime ou puissant, cela peut vouloir dire que mon référentiel n’est pas le bon, qu’il est fragile et que je suis donc en danger. La peur du conflit parle d’une alerte reptilienne du fait que l’autre met en danger l’écosystème protecteur actuel. La colère qui peut émerger dans le conflit parle, quant à elle, de valeurs qui ne sont pas respectées, ou tout simplement qui ne sont pas au même niveau. Dans tous les cas, les émotions au sein d’un conflit nous parlent d’une menace pour notre solidité et notre confiance. 


Comme le démontre l’histoire entre Buzz et Woody, le conflit est surtout un moment où chaque partie peut se réaligner avec elle-même, s’ancrer dans ce qu’elle est et ce qui est le plus important pour elle. La résolution d’un conflit ne repose pas sur le fait que l’un ou l’autre (ou les deux) changent et se contraignent, mais bien que ce renforcement individuel mène à un équilibre global. Cet équilibre se débloque au moment où l’objectif commun est trouvé. Il n’est pas forcément de sauver Andy comme pour Toy Story, mais peut être tout simplement de vouloir venir au travail sereinement, ne pas vivre les interactions avec l’autre de manière agressive et de se sentir en sécurité. Ceci étant posé, la démarche reste la même : que chacun trouve ses ressources pour cet objectif et envisage la collaboration pour l’atteindre (qui peut résider dans le fait de s’ignorer par exemple).  Dans tous les cas, le conflit n’est pas une épreuve négative, c’est une opportunité de se conforter en soi-même et de solidifier son ancrage intérieur dans le rapport à la différence que l’autre propose. Car accepter que l’autre ait le droit d’exister sans être pareil, c’est s’accorder le droit d’en faire de même… et réciproquement.

Un conflit qui émerge est donc une nouvelle chance d’exister encore plus… vers l’infini et au-delà !

 

Marion Jesu (N 2004)

Coach




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