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05 octobre 2018

Intermines
Mineur et/ou Mineuse impliquée, l'accompagnement des autres

Pour Véronique Ducruet (E91), coach de cadres dirigeants, accompagner aussi des Alumni est une vraie complémentarité

Interview réalisée par Brigitte Durand (P73)

Véronique, comment passe-t-on de fonctions opérationnelles dans l’industrie à l’accompagnement de cadres dirigeants ?

Dès ma sortie des Mines de Saint Etienne, j’ai enchaîné des fonctions diverses dans l’industrie, tant transversales (comme la qualité, l’amélioration continue), que dans la supply chain, les systèmes d’information et le marketing. Ayant goûté à beaucoup de métiers et domaines, à des environnements de grands groupes (Matra Défense, le groupe Brandt), comme de PME et ETI (de la climatisation pour le ferroviaire à la Forge), je tenais à rester en prise avec l’industrie, ses secteurs à Valeur Ajoutée, mais en embrassant plus largement le monde économique. J’ai pris conscience qu’au travers des Directions, Départements dont j’avais eu la responsabilité, je n’avais eu cesse, au-delà de l’aspect technique de l’environnement, d’accompagner mes collaborateurs dans une transformation, qu’elle soit personnelle ou impulsée par l’entreprise. Ceci rejoignait finalement mon aspiration, adolescente, à devenir pédiatre, un métier où on contribue au bien-être et au développement d’autres, à savoir des enfants. De là, j’en ai conclu que je continuerai à accompagner des personnes, non plus en utilisant le prétexte de l’industrie mais au service de l’industrie, avec l’ambition de transférer un peu de mes valeurs managériales, humaines et humanistes. Désormais coachant des cadres dirigeants, en poste ou en transition de carrière, je suis souvent amenée à parler de thématiques métiers et ma démarche reste aussi celle d’un ingénieur, qui a un regard systémique, appréhende la situation dans son ensemble et a l’exigence de trouver la bonne solution pour la personne accompagnée.


Aurais-tu quelques conseils à donner, en termes de gestion de carrière ?

Mon premier conseil, qui reflète le constat fait par presque tous mes clients, c’est de marquer une pause, prendre un moment de réflexion quand on atteint les 40/45 ans, pour s’interroger si le chemin pris est bien toujours en phase avec ses objectifs actuels et à venir : en effet, en 20 ans la vie personnelle, familiale et sociale a évolué, on a vécu des expériences professionnelles diverses plus ou moins désirées. Et le désalignement peut être sous-jacent.

En outre, un cadre dirigeant, dont les promotions, les changements d’entreprises se sont succédé à un rythme le plus souvent soutenu, doit, à l’instar d’un sportif de haut niveau, s’assurer aussi que son état physique, moral, … est toujours bon et prêt à relever ses challenges. N’oublions pas que l’on reste toujours maître de ses choix, qu’il vaut les mieux faire en conscience.
De plus, c’est important d’écouter et prendre conseil auprès de ses proches, de ses amis, des Anciens, voire de ses hiérarchiques : ils nous apportent souvent des regards complémentaires.

Mon second conseil, c’est de ne pas avoir peur de changer et conserver une flamme pour la découverte du nouveau. Même si les nouvelles générations i sont probablement plus ouvertes au changement, encore faut-il qu’elles le restent, une fois ancrées dans leur vie professionnelle. On peut avoir plusieurs carrières dans une vie…j’en suis l’incarnation. Et surtout pas d’auto-censure par rapport à un tout autre métier qu’on aurait envie d’exercer ! le métier d’ingénieur ouvre de multiples voies que nous pouvons aisément explorer. Enfin, en pleine activité, les agendas laissent souvent peu de place au réseau : or rencontrer du monde, prendre le temps d’échanger avec d’anciens collègues, participer à des conférences, cocktails….
En somme, « prendre l’air » permet de s’enrichir, de voir et pouvoir saisir les opportunités tout en étant parfois soi-même une opportunité (dixit Philippe Gabilliet) !


Pourquoi, en plus d’une activité professionnelle déjà intense, as-tu voulu aider aussi les Alumni ?

Lors d’un changement de fonction, cherchant un peu d’aide, j’ai rejoint un groupe d’ingénieurs à Lyon (L’Union Régionale des Ingénieurs et Scientifiques de France) et j’ai vu combien l’appui d’un bénévole à des ingénieurs en recherche d’emploi était précieuse. Ensuite, quand j‘ai décidé de quitter le groupe de Forge Farinia, je me suis rapprochée un peu plus de l’Association des Anciens des Mines (même si j’ai toujours été une cotisante assidue !), en participant tout d’abord au pot lyonnais de début d’année, puis en étendant progressivement mon réseau, grâce à la bienveillance des Anciens. J’ai ainsi rencontré Brigitte Couvrat Desvergnes (P78), qui m’a conseillée sur le métier de coaching. Comment, en retour, ne pas répondre positivement à l’appel d’Yves Durand (E66), qui a créé ex nihilo une véritable section Intermines Carrières en région Rhône Alpes et qui souhaitait que je lui donne un coup de mains !


Tu t’es beaucoup investie sur la région lyonnaise, m’a-t-on laissé entendre…

En fait, de fil en aiguille, je me suis retrouvée à animer le groupe UFF - RA (L’Union Fait la Force en Rhône-Alpes) de renforcement dans la recherche d’emploi, sur la région lyonnaise. Ce groupe, déclinaison de son homologue parisien, fonctionne toutefois selon un format que nous avons aménagé. En moyenne, chaque semestre, une promotion de 15 à 20 personnes est constituée. Les participants se retrouvent tous les mardis soir, avec des accompagnants, et alternent session de théorie et session de pratique. Pour ma part, j’interviens, tous les quinze jours, pour leur délivrer des savoirs, les accompagner dans leur réflexion, répondre à leurs questions. La diversité des classes d’âges (25 ans à plus de 55 ans), tout comme la variété des Ecoles d’Ingénieurs représentées (Centrale-Supélec et AGRO par exemple), en plus des Mineurs bien entendu, contribue à la richesse des échanges. Dans le prolongement de cette dynamique de réseau qui se crée, et pour la développer, les membres du groupe continuent à se voir une fois le processus terminé. Par ailleurs, je suis sollicitée chaque année par les Mines de Saint Etienne pour venir, une demi-journée, expliquer aux élèves de seconde année (dans le cadre de leur recherche de stage) et à ceux de troisième année (en lien avec leur recherche de poste) en quoi consiste la démarche réseau. Mon intervention est suivie d’ateliers avec mises en situation. J’ai été aussi amenée à présenter aux élèves en Maths Sup-Spé du lycée du Parc, le métier d’Ingénieur et ses possibilités d’ouverture. Enfin, quand on me le demande, je reçois des Anciens pour des entretiens carrières. Je me nourris de toutes ces rencontres, surtout si je peux contribuer à « remettre en selle » mon interlocuteur, l’éclairer en fonction de son profil sur des choix, comme, par exemple, entre expert ou Manager, bref lui permettre de se sentir mieux dans le monde économique.

Des projets pour tes actions de bénévolat ?

J’ai en tête de construire, pour Intermines Carrières, des modules sur la transition de carrière, avec différents témoignages qui ouvrent de larges perspectives aux nouvelles générations.

 

Comme me l’a confié Véronique : le Mineur qui sort de l’Ecole avec son diplôme, un job, n’a pas conscience de l’importance, et de la chance, d’avoir des Anciens, Intermines, auprès desquels il trouvera toujours des oreilles attentives quand il en aura besoin.





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