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04/10/2017

Intermines
Carrières - Mineurs Cosmopolites : Pierre Gruget (P75) depuis Vancouver

 

Pierre Gruget (P75) adore Vancouver.
Il y habite depuis 11 ans. Et il aime les alumni !


Julien Decaudaveine, (P79),
basé au Nigeria depuis plus de 10 ans, a organisé une interview téléphonique avec Pierre !

Lisez ci-dessous les tribulations de 2 Mineurs passionnés par l'international

 

Pierre a co-créé une association locale des alumni de Grandes Ecoles et universités françaises qui se réunit tous les mois depuis bientôt 4 ans. N’hésitez pas à le contacter si vous voulez tenter la même aventure dans votre ville.

Pierre, peux-tu me décrire tes premières années ?

Après l’option Energétique en 3ème année de l’Ecole des Mines et 2 ans de Coopération à Tegucigalpa (Honduras), j’ai débuté chez Total comme géophysicien. C’était l’époque des méthodes non-sismiques, des avions renifleurs… Puis passage à l’Office des HLM, un peu trop politique pour moi, puis la Générale des Eaux. C’est là que je pressens le potentiel du marché des services informatiques. En 1989 je franchis le pas et crée ma SSII, Servantes, pour appliquer les produits Microsoft Entreprise. Le succès arrive, nous aurons jusqu’à 70 ingénieurs et techniciens, et 100% de croissance pendant 7 années consécutives. En 2000 nous obtenons le label « Microsoft Partner of the Year ». Mais la bulle du Millenium Bug passe et la concurrence indienne low-cost explose. En 2005, atterrissage en douceur en cédant la société.

INTERMINES – Un coup dur donc ?

Pas du tout. Lors des réunions annuelles des « Partners » privilégiés de Microsoft à Seattle, ma femme et moi avions découvert et apprécié cette région et en particulier Vancouver, 200km plus au nord. A tout hasard, en 2001, nous avions demandé un visa permanent pour le Canada. Il fut accordé en 2005, en parfaite synchronisation avec l’épisode précédent. Sans (presque) hésiter, nous voilà partis à Vancouver avec les 3 enfants et 5 petites valises, tels Charlot pour le Klondike.

INTERMINES – Un sacré pari…

Oui, il fallait se relancer et j’ai continué ce que je savais faire, le consulting NTIC, dans une structure que j’ai remontée sur place puis en Freelance. Il a fallu comprendre les us et coutumes locales, très différentes de celles de l’Hexagone. Mais on s’en est bien sortis.

INTERMINES – Justement, que faut-il savoir de Vancouver ?

C’est avant tout une ville de populations très diverses, avec de nombreux Chinois (35%), Indiens, Japonais, etc. La Diversité est une valeur cardinale et le concept d’intégration à la française n’existe pas. Chacun garde sa culture et ses traditions et les communautés sont invitées à cohabiter harmonieusement dans ce cadre. Etonnamment,  ce système entraine une intégration de facto à deuxième génération, sans douleur. En outre de sérieux efforts sont effectués dans l’enseignement pour soutenir, voire développer la langue française. Du point de vue professionnel, la conséquence de cette culture d’ouverture à l’autre est l’importance du consensus et de la dynamique d’équipe par rapport à la gestion « top-down » traditionnelle, notamment en France. Le manager doit avant tout être fédérateur, capable de mener une équipe pluriculturelle efficacement et en douceur.

La flexibilité du travail est assez bonne, intermédiaire entre la France et les US, sauf dans les entreprises syndiquées. Il y a peu d’impôts et de charges sociales. La couverture santé est d’un excellent rapport qualité-prix. Cependant les retraites sont faibles.

Du point de vue cadre de vie, Vancouver est une ville très verte où la nature est omniprésente. La région a mené avec succès depuis quelques années une campagne de dépollution de ses effluents, rendant la mer proche accueillante aux baleines et autres sympathiques cétacés, qui s’aventurent jusque dans le port. L’hiver on peut aussi faire du ski alpin à seulement 1/2 heure de route.

INTERMINES – Donc tu t’es sûrement installé dans une confortable routine ?

Pas totalement… En 2012 nous avons fait un tour du monde en famille. En rentrant et inspiré par des choses vues lors du périple, j’ai lancé un nouveau projet entrepreneurial de chocolat bio. Le concept de base est de remplacer les +/-50% de sucre artificiel présents dans la plupart des chocolats du commerce par des sucres naturels. Je suis retourné à l’école pour apprendre la fabrication du chocolat. La confection du produit et les affaires ont à présent décollé.

INTERMINES – Tu animes en outre le dynamique « French Alumni Vancouver »

En effet, il y n’a ici que 4 Mineurs et quelques 30 alumni de Paritech. J’ai donc lancé un groupe d’alumni ouvert à toutes Grandes Ecoles et universités françaises, afin d’atteindre une masse critique. Si loin de nos bases, le besoin de networking est fort. Le groupe se réunit une fois par mois en alternant matin et soir, souvent sans autre but et programme que le plaisir d'être ensemble, de partager autour d'un pain au chocolat ou d'un verre. Et ça marche, la communauté française est active et vibrante, grâce en particulier à toute ces amitiés qui ont pu ainsi naître et s'épanouir.

INTERMINES – Pour conclure, quel conseils peux-tu tirer des ton expérience entrepreneuriale à l’intention de cette espèce en net développement depuis 2000 : l’Entrepremineur ?

1 : Se mettre les mains dans le cambouis.   2 : Ne pas dépenser l’argent qu’on n’a pas gagné avec l’entreprise !

INTERMINES – Merci Pierre. Nous laisserons nos camarades méditer là-dessus. Tous nos vœux de succès pour ta conversion au chocolat, une drogue dure comme chacun le sait.

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